23-04-2017

Critique gastronomique : les délices du Grand Bain

Dans ce nouveau genre de restaurants qui vient de jaillir, il faut vite trouver le mode d’emploi. Bien souvent, ils reposent sur des petits plats façon tapas, un solide comptoir vrillant sur les vins nature, et des nuées de clients se serrant au coude-à-coude. À chacun de déjouer la canonnade, de sortir du taillis à point nommé. C’est le cas du Grand Bain, nouveau rade agrippé par la canaille gourmande dans le off de Belleville, à Paris.  En cuisine ouverte sur la salle, le Britannique Edward Delling Williams (ancien d’Au Passage, aussi vu au St John, à Londres) épaulé par son chef de rang (Édouard Lax). Le cuisinier a posé son socle dans un décor dénudé, post-industriel avec ses humeurs chafouines de béton, de fer, de bois, de lumières. Celles-ci brillent sans indulgence, comme le chef lorsqu’il dit – qu’il aboie presque – les intitulés des plats à ses partenaires de fourneaux. Comme s’il y avait une urgence, quelque chose d’impérieux à sortir vite fait des entrailles de la cuisine des plats monosyllabiques. Et c’est bon, figurez-vous, bigrement affûté, à l’image de ces saint-jacques avec céleri-rave, de la seiche-potimarron-dashi ou encore de l’asperge-jaune d’œuf-noisette, du ragoût et ses gnocchis. Nourritures boxées, expéditives, tapant au centre. Il y a là comme une allégresse bienheureuse, de l’évidence et un réel plaisir autour de ces plats avides. Pour les bucoliques souhaitant des séquences plus longues, il y a également du répondant : merlu entier (30 €) ou épaule d’agneau (45 €). Bien évidemment se cogner un coude-à-coude sonore n’est pas du goût de tout le monde. Mieux vaut dans ces cas-là devancer la contrariété, et surprendre le restaurant aux prémices ou tard le soir. En tout début de service, au bar (pas de réservations), le coup est plus que jouable : on hérite de la tranquillité, de l’attention du service et surtout de la mise sur orbite des cuisiniers. Puis, lentement, la salle se remplit. Elle bourdonne, vrombit, devient presque insupportable au moment où vous levez le siège.

Publié par enbalade dans Non classé | Commentaires fermés

21-04-2017

A Juno

Le mois dernier, j’ai fait un voyage original à Juno avec ma moitié.Où nous nous sommes faits ce qui pourrait bien devenir de nouveaux amis. C’est assez surprenant, en fait. Il n’y a encore pas si longtemps, nous sommes partis sans personne à nos côtés. L’idée même du voyage en attroupements nous paraissait incompréhensible. Nous discutons pourtant sans problème avec les autres. Néanmoins, nous avons pris l’habitude de voyager sans contraintes après avoir tenté des vacances avec un couple d’amis. Ce fut un tel désastre que nous nous sommes perdus de vue dès que nous sommes rentrés. Nous les connaissions pourtant ce couple depuis l’université, mais il nous a suffi de vivre avec du matin au soir pour nous apercevoir de certaines choses. Nous Nons avons vite réalisé dès le premier réveil que d’après eux, les vacances voulait dire en faire le moins possible. Ils sortaient du lit des heures après nous, buvaient leur petit-déj durant une éternité, puis il fallait les motiver pour se bouger. Si vous me suivez régulièrement, vous savez combien tout ça est l’antithèse de ma façon de penser. Autant vous dire que j’ai eu un peu de mal avec l’expérience et j’ai éprouvé plus d’une fois de les massacrer. Nous avons bien retenu la leçon :o n n’est pas nécessairement faits pour vivre en groupe, même lorsqu’il s’agit de ses proches. Bizarrement, il est moins dangereux de partir en groupe avec des personnes qu’on côtoie seulement pour la durée du voyage. On peut parfaitement décider de ne parler à personne ; les enjeux sont nettement moins grands. Je crois que c’est l’idée du choix qui nous charme avec le voyage , en fin de compte. On peut choisir de voyager de manière fusionnelle ou le faire à deux. Et vous pouvez me croire, ça pèse dans la balance. Voilà l’agence qui nous a organisé ce voyage. Rien que les photos me donnent déjà envie d’y retourner… Je vous laisse le lien vers le site spécialiste du voyage insolite.

juno

Publié par enbalade dans Non classé | Commentaires fermés

16-03-2017

Le trafic aérien a fait un bond de 6,3%

Le trafic aérien de passagers a connu une nouvelle année de forte croissance en 2016, avec un bond de 6,3% par rapport à l’année précédente et un nombre record de 3,7 milliards de passagers, a annoncé jeudi l’Association internationale du transport aérien (IATA). « La connectivité a augmenté avec la création de 700 nouvelles lignes et une baisse de 44 dollars en moyenne sur les billets a contribué à rendre encore plus accessibles les voyages en avion », a déclaré Alexandre de Juniac, directeur général de l’IATA. Il s’agit de la 2e plus forte hausse du trafic passagers depuis 2010, après celle de 2015 (+6,5%). La moyenne des 10 dernières années s’établit à 5,5%, indique un communiqué de l’association qui représente 265 compagnies aériennes dans le monde. Le communiqué indique par ailleurs que la capacité des compagnies aériennes a augmenté de 6,2% et que le taux d’occupation des sièges a progressé de 0,1 point de pourcentage, pour atteindre le niveau record de 80,5%. La plus forte hausse du trafic passagers a été enregistré par les compagnies du Proche-Orient (+11,8%), suivies de celles de la région Asie-Pacifique, qui représentent un tiers du trafic global, avec une hausse de 8,3%. Les compagnies d’Amérique Latine, qui avaient connu en 2015 une hausse de 9,3%, ont subi un ralentissement l’an dernier. Le trafic passagers n’a progressé que de 7,4%, en raison notamment des difficultés politico-économiques du Brésil, le plus grand marché de la région. A noter la forte progression des compagnies africaines qui stagnaient jusqu’ici en queue de classement. Le trafic passager a bondi de 7,4% en 2016, soit la meilleure performance depuis 2012. En 2015, il n’avait augmenté que de 3%. Le trafic en Europe se maintient, avec une hausse de 4,8% (+5% en 2015), mais les compagnies européennes conservent néanmoins le record de taux d’occupation des sièges avec 82,8%. Ce sont les compagnies aériennes d’Amérique du Nord qui se classent en dernière position, avec une progression de 2,6% seulement, contre 3,2% en 2015. Le patron de l’IATA a toutefois mis en garde contre les tentations protectionnistes qui pourraient entraver le développement du transport aérien. « La sécurité et la compétitivité doivent, bien sûr, figurer toujours à la première place pour les gouvernements, a-t-il dit. L’aviation est le commerce de la liberté. Et nous devons défendre ses bénéfices sociaux et économiques face aux restrictions de voyage et aux programmes protectionnistes ».

Publié par enbalade dans Non classé | Commentaires fermés

10-12-2016

L’Espagne et le protectionnisme

Le protectionnisme. Que voilà donc un vieux concept, que l’on pourrait croire mort et enterré. On pourrait penser que l’histoire a amplement démontré son inefficacité, et pire, sa contre-productivité. Et pourtant, il faut croire qu’il reste en la matière des irréductibles. Jeudi dernier, on m’a en effet expédié à Valence en Espagne pour participer à un colloque lors duquel un collaborateur a littéralement loué les vertus du protectionnisme ! Selon lui, notre pays devait garantir les usines françaises contre la concurrence asiatique. Celle-ci cause en effet de nombreux dépôts de bilan en France, et il serait urgent que nous protégions nos industries contre elle. Le protectionnisme serait alors, évidemment, le seul recours possible. Cette réflexion est à mes yeux tellement datée et hors de toute réalité qu’elle a tout, selon moi, d’une aberration. Le protectionnisme est à mon sens un fléau bien pire que la concurrence, car il détruit bien plus encore, et de manière bien plus certaine. Le protectionnisme est une initiative consciente pour refuser l’arrivée de produits extérieurs sur le marché français. Pourquoi ? Simplement parce qu’ils n’ont pas été élaborés sur notre territoire. A mon sens, le protectionnisme est foncièrement un piège, gênant pour les citoyens… et tout simplement mortel pour les industries qui s’y laissent aller. Côté consommateur, les choses sont claires : en se voyant refuser l’accès aux biens étrangers, les français sont forcés de payer le prix fort. Mais la situation est encore pire côté industrie. Au début, les producteurs locaux paraissent certes en sortir gagnants : grâce aux taxes d’importation, ils sont épargnés par la concurrence et ne doivent ainsi pas s’accorder aux rigueurs du marché. Ils peuvent ainsi (et ils ne manquent jamais de le faire) devenir insouciants et encore moins concurrentiels. Néanmoins, le jour où les mesures de protection sont révoquées, leur chute n’en est que plus rapide et plus violente. Pour avoir voulu rester, même provisoirement, hors la course, ils en sont définitivement éliminés, incapables qu’ils sont de rattraper leur retard. Exactement l’effet inverse à celui escompté, en somme. Sinon, ce colloque était réglé avec soin, ce qui n’a pas manqué de me surprendre : c’est suffisamment rare pour que cela soit souligné. Pour en savoir plus, je vous laisse le lien vers l’organisateur de ce séminaire en Espagne.

Publié par enbalade dans Non classé | Commentaires fermés

23-11-2016

Vivre 5 ans de plus

C’est une bonne nouvelle : l’espérance de vie a progressé de manière spectaculaire depuis 2000, selon les Statistiques sanitaires mondiales de cette année publiées jeudi par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Cette hausse de 5 ans en 15 ans est la plus rapide depuis les années 1960, et inversent les tendances à la baisse observées dans les années 1990. A cette époque, l’épidémie de Sida avait plombé l’Afrique, et la chute de l’Union soviétique avait engendré un recul des conditions sanitaires en Europe de l’Est. Depuis 2000, la hausse a été la plus forte en Afrique, où l’espérance de vie a gagné 9,4 ans pour atteindre 60 ans, grâce aux progrès en matière de survie de l’enfant, de lutte contre le paludisme et d’extension de l’accès aux médicaments antirétroviraux pour le traitement du VIH. À l’échelle mondiale, l’espérance de vie pour les enfants nés en 2015 était de 71,4 ans (73,8 ans pour les filles et 69,1 ans pour les garçons). Des inégalités fortes existent toujours : c’est au Japon que les femmes peuvent espérer vivre le plus longtemps (86,8 ans en moyenne) et en Suisse que les hommes vivent le plus vieux (81,3%). Des chiffres bien loin de ceux de la Sierra Leone, qui a l’espérance de vie la plus faible au monde : 50,8 ans pour les femmes et 49,3 ans pour les hommes. L’espérance de vie en bonne santé, c’est-à-dire le nombre d’années en bonne santé qu’un enfant né en 2015 peut s’attendre à vivre, est de 63,1 ans au niveau mondial (64,6 ans pour les femmes et 61,5 ans pour les hommes).

Publié par enbalade dans Non classé | Commentaires fermés

23-11-2016

Tout sauf Sarko

Rien ne semble pouvoir ébranler la confiance de Nicolas Sarkozy et de ses amis. Pas plus les contre-performances de son parti, devancé par le FN aux élections régionales et aux européennes, que le récent fiasco de son offensive contre le vote électronique pour les expatriés. Et encore moins les mauvais sondages, à l’image de celui de Viavoice, que publie Libération. Il met en évidence une régression régulière depuis son retour, en septembre 2014. Mais à six mois de la primaire, l’ancien chef de l’Etat se fait fort de déjouer tous les pronostics. Avec la débordante confiance en soi qui le caractérise, il explique que la vraie compétition ne commence qu’en septembre prochain, quand sera connue la liste des vrais candidats. Notre sondage Viavoice montre que loin de s’imposer comme une évidence, la candidature Sarkozy est au contraire de plus en plus rejetée par les Français. Les deux tiers des sympathisants de droite et du centre (64%) et près de la moitié des sympathisants LR (45%) ne souhaitent pas que Nicolas Sarkozy se présente en 2017. La refondation du parti n’a manifestement rien arrangé : en février 2015, 37% des Français estimaient que Nicolas Sarkozy serait un «bon président de la République». Ils ne sont plus que 21%, aujourd’hui, à partager cette opinion. Très loin derrière Alain Juppé (45%), le chef de LR est désormais devancé par François Fillon (29%), François Bayrou (25%) et Bruno Le Maire (23%). Cette dégradation se mesure aussi au nombre de Français qui déclarent avoir cru mais ne plus croire en Sarkozy. Ce serait, selon notre sondage, le cas de 32% des électeurs. Pour justifier son retour, le Président retraité avait expliqué que «le devoir» l’appelait car il était, hélas, le seul à pouvoir contenir le Front national. Il n’a pas convaincu : seulement 15% des Français estiment que son passé présidentiel constitue un atout tandis que 54% y voient un «handicap». Ils sont plus nombreux (58%) à dire qu’ils ne lui font «pas confiance» et plus encore (69%) à estimer qu’il n’est pas «porteur d’idées nouvelles». On cherche en vain les traces du Sarkozy d’avant 2007, celui qui bousculait Chirac et les chiraquiens à grand renfort de propositions inédites. Contre un Juppé qui serait le candidat du «système» et des élites, Sarkozy prétend jouer la carte de l’homme de la rupture qui sait parler au peuple et qui ne craint pas la transgression. Cela ne va pas être facile. Selon notre sondage, il n’est considéré comme «proche des gens» ou «à l’écoute des difficultés des Français» que par 16% à 19% des personnes interrogées. «Loin d’incarner l’anti-système, il apparaît davantage comme un professionnel de la politique, identifié à son parti lui-même au cœur du “système”», constate François Miquet-Marty, président de Viavoice. Conséquence logique de cette dégradation; les Français doutent de sa capacité de victoire. Seuls 22% des électeurs et pas plus de 55% des sympathisants LR estiment que Nicolas Sarkozy est «capable de gagner la prochaine élection présidentielle». «C’est une large part du récit construit autour de Nicolas Sarkozy en 2007 et en 2014 qui s’effondre : l’homme de la rupture devient celui du passé», conclut François Miquet-Marty.

Publié par enbalade dans Non classé | Commentaires fermés

10-10-2016

Baptême de voltige

Lundi dernier, 10 heures. J’essuie les gouttes de sueur qui me coulent le long du front. Il n’y a pas à dire : je suis stressé. Mais il y a de quoi : je suis sur le tarmac d’un aérodrome à Reims, harnaché sur le siège d’un Extra 330 LX. Et je suis là pour une séance de voltige aérienne. Cela faisait longtemps que j’en rêvais et que je regardais les vidéos sur internet. Mais il y a une différence entre regarder ça depuis son écran et le vivre depuis l’intérieur du cockpit. Soudain, Philippe, le pilote, m’informe qu’on va pouvoir y aller. L’appareil tousse puis se met à rugir. L’avion accélère et nous décollons tout en douceur avant de rejoindre le secteur de voltige. Avec un sourire dans la voix, Philippe m’avertit qu’on va entamer la première figure. Il commence fort, en ouvrant le bal avec un looping. Je m’agrippe aux attaches, impressionné. C’est plus violent que ce que j’avais imaginé ! Et ce n’était là que le début ! Philippe enchaîne aussitôt avec une série de tonneaux dont je ressors le coeur battant. Pas le temps de souffler, on enchaîne. Je perds vite le fil des figures. Je suis bien trop occupé à serrer les dents. A certains moments, mon corps doit encaisser jusqu’à 6G : je pèse alors 6 fois mon poids habituel ! Autant vous dire que c’est rude. Très rude. D’autant que tout s’enchaîne si vite qu’il n’y a même plus de haut ou de bas : les champs et le paysage gravitent en tous sens autour du cockpit, à tel point que j’ai un début de mal de mer. Et pourtant, malgré tout, je me sens en parfaite sécurité. Je sens que le pilote gère comme il faut. Quelques minutes plus tard, il est déjà temps de redescendre. Ca peut paraître court, mais en fait, il n’aurait pas fallu que ça dure plus longtemps : je descends rincé de l’avion et avec un début de nausée. Malgré tout, je n’ai aucun regret. Ce moment restera gravé à jamais dans ma mémoire. Pour ceux qui sont tentés par l’expérience, vous voilà averti : mieux vaut avoir le coeur bien accroché. Si le pilote ajuste le vol selon le client, cela reste un sacré shoot d’adrénaline. Je vous mets en lien mon baptême de voltige aérienne !

65654654

Publié par enbalade dans Non classé | Commentaires fermés

26-07-2016

Frais de tenue de compte

L’Association française des usagers des banques (AFUB) va saisir cette semaine l’autorité de la concurrence et l’ACPR, le gendarme du secteur bancaire, pour contester certaines pratiques dans la mise en place par une majorité de banques de frais de tenue des comptes, a annoncé l’AFUB. En effet, le 1er janvier 2016, plus de huit établissements sur dix vont appliquer des frais de tenue de compte. Ils n’étaient que 40 % à le faire il y a trois ans. Et les deux dernières grandes banques « gratuites », BNP Paribas et Société générale, ont finalement décidé de rejoindre le parti des banques où les comptes courants sont payants. « Deux actions seront déposées à titre officiel mercredi », l’une auprès de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), l’autre auprès de l’Autorité de la Concurrence, a précisé Serge Maître, secrétaire général de l’AFUB. Première banque dans le collimateur de l’association: le Crédit Mutuel. Selon Serge Maître, l’établissement a informé « courant novembre » sa clientèle de l’application de frais de tenue de compte, d’un montant de deux euros par mois, alors qu’ils étaient déjà effectifs au 1er octobre. « Il y a une violation de la loi » qui justifie la saisine de l’ACPR, argue le secrétaire général de l’AFUB, une banque devant informer par écrit ses clients au moins deux mois avant toute modification de tarifs. L’association des usagers des banques compte également saisir l’Autorité de la concurrence sur une éventuelle « suspicion de concertation » entre BNP Paribas, Société générale et Crédit mutuel quant à la mise en oeuvre des frais de tenue de compte bancaire, a ajouté M.Maître. Il est « étonnant » que « trois gros établissements de la place décident dans une même unité, quasiment, de temps », au 1er janvier 2016 pour BNP Paribas et Société Générale, et « de prix », soit environ deux euros par mois, de l’entrée en vigueur de ces frais, dit-il. Dès novembre, BNP Paribas avait averti ses 6,9 millions de clients de la mise en place de frais de tenue de compte de 2,50 euros par mois à partir du 1er janvier. Pour sa part, Société Générale avait averti ses clients fin 2014 de l’entrée en vigueur en 2016 d’une facturation de deux euros par mois pour la tenue de compte. « Nous saisissons l’Autorité de la concurrence pour qu’elle veille à vérifier que cette situation est tout à fait conforme aux règles qui régissent des rapports transparents », a expliqué le secrétaire général de l’AFUB. Début 2015, sur 140 établissements, 104 facturaient des frais de tenue des comptes, contre 95 l’année précédente, selon l’enquête annuelle de l’association de consommateurs CLCV.

Publié par enbalade dans Non classé | Commentaires fermés

26-07-2016

Gutenberg l’hérétique ?

L’imprimerie à caractères mobiles naît en Allemagne à la moitié du XVe siècle: le premier ouvrage est imprimé en 1452 par Johann Gutenberg. Il s’agit d’une bible, et la tradition rapporte que les premiers mots imprimés ont été «Fiat lux», que la lumière soit. Cette phrase, tirée du début de la Genèse, annonce des temps nouveaux, la diffusion du savoir dans toute la chrétienté. Gutenberg est très vite appuyé par de nombreux princes de l’Église et, même si la nouvelle invention suscite la méfiance et la prudence de certains papes, elle se diffuse très rapidement en Europe. En serait-il allé de même si le premier livre imprimé n’avait pas été la Bible mais un livre hérétique? Des appels à la Réforme étaient monnaie courante en Europe à la fin du Moyen Âge. L’Europe du Nord en particulier est un terrain particulièrement fertile pour le développement de piétés qui s’éloignent des dogmes catholiques. Plutôt que de s’inscrire dans l’Église romaine, l’inventeur de l’imprimerie aurait tout aussi bien pu faire partie d’un des nombreux courants chrétiens, considérés comme hérétiques. Et alors, il aurait commencé par imprimer des textes écrits par ces religieux, des appels à une piété plus personnelle et plus proche des textes. Si Gutenberg avait imprimé, disons, Le Miroir des simples âmes, de Marguerite Porete, livre condamné et dont l’auteur a fini brûlée au XIVe siècle, les réactions auraient été bien différentes! Les hommes d’Église se seraient précipités pour dénoncer cette invention du diable qui permettait de propager des idées néfastes pour pervertir les âmes des bons chrétiens. Gutenberg lui-même aurait été excommunié. Quelques voix, bien sûr, se seraient élevées en disant que l’imprimerie pouvait aussi servir à diffuser les écrits conformes au dogme et le savoir. Certains humanistes en particulier auraient compris l’opportunité qui leur était offerte. Mais l’invention aurait perdu des soutiens politiques, et par la suite des soutiens financiers, ce qui l’aurait empêchée de se développer. La force de l’imprimerie, dès ses débuts, a été sa capacité d’allier des techniciens et des investisseurs. En perdant le soutien de l’Église, les personnes capables d’investir ne se seraient pas lancées dans l’aventure. Continuant à imprimer des textes de même nature, Gutenberg aurait accentué la frilosité de ses investisseurs et la réaction de l’Église. Celle-ci a été prudente envers la nouvelle invention. Dans les premières décennies, avant même la Réforme protestante, le pape appelle régulièrement les autorités à contrôler ce qui se publie, à interdire les textes hérétiques et demande une censure systématique, qui ne se met en place que très lentement. Si Gutenberg avait commencé par imprimer des textes hérétiques, l’Église n’aurait alors pas hésité à interdire, purement et simplement, l’imprimerie à caractères mobiles. L’imprimerie interdite, quelques ateliers auraient sans doute continué leur activité clandestinement. Mais l’élan aurait été brisé. Plus de grands projets éditoriaux, plus de grandes compagnies vénitiennes, parisiennes ou bâloises. Les textes imprimés auraient été marqués du sceau de l’hérésie et le savoir se serait transmis de la main à la main, comme auparavant. Peu de conséquences à court terme, mais… À court terme, cela n’aurait sans doute pas changé fondamentalement les choses. La Réforme protestante se serait diffusée malgré tout: on sait en effet que les libelles manuscrits ont joué un rôle crucial pour le succès de la prédication luthérienne. La diffusion aurait sans doute été un peu plus lente, moins fulgurante, mais des textes imprimés clandestinement auraient permis de prêcher à large distance. L’humanisme italien se serait également diffusé ailleurs en Europe, grâce à la circulation des hommes et des manuscrits, voyageant de cour en cour, de ville en ville. Les conséquences sur le long terme, par contre… sont innombrables et difficiles à évaluer précisément. Faute de développement, l’imprimerie en reste à ses balbutiements. Dans les États protestants, elle connaît un certain essor mais, faute de marché suffisamment vaste, elle reste un projet coûteux et peu fiable. On pourrait imaginer la coupure entre une Europe protestante et une Europe catholique. Dans la seconde, l’industrie du livre serait inexistante; le savoir serait monopolisé par une fraction infime de la population, cléricale et plus largement universitaire. De ce fait, l’alphabétisation de masse est rendue très difficile et surtout la diffusion des nouvelles en resterait à un état embryonnaire: pas de journaux dans un monde sans imprimerie! Sans journaux, les changements politiques de la fin de l’époque moderne sont inenvisageables: le rôle de la presse a été extrêmement important dans le déclenchement de la Révolution française, puis dans l’établissement progressif de la démocratie en Europe. La fracture entre protestants et catholiques s’accentuerait, alors que les premiers, alphabétisés et au courant des nouvelles de leur pays et du monde, commenceraient à établir ce que Habermas appelle «l’espace public»: des discussions éclairées sur la politique, la société et le savoir, par des individus sur un pied d’égalité. Si les livres sont accessibles à tous, alors tout le monde peut débattre de ce qu’il connaît, prince ou bourgeois, savant ou politique. Des espaces publics existent au Moyen Âge mais force est de constater que l’imprimerie a largement favorisé la circulation et la diffusion des idées et des connaissances. Les salons qui se créeraient dans les villes germaniques ou à Londres porteraient en germe les premières démocraties européennes. Dans les pays catholiques au contraire, l’imprimerie resterait un gadget, une hérésie; et les États continueraient à évoluer dans le cadre de régimes autoritaires. Au lieu de parler de «despotisme oriental», parlerait-on de «despotisme catholique»? À terme sans doute, l’écart entre les régions catholiques et les régions protestantes s’estomperait. Mais les pays catholiques auraient alors accumulé un tel retard culturel, politique et économique que les hiérarchies des nations en Europe en auraient été profondément bouleversées. L’Angleterre et l’Allemagne prospéreraient, fers de lance des révolutions industrielles et démocratiques, alors que la France, l’Espagne et l’Italie s’enfonceraient dans un marasme où le souvenir de leur gloire médiévale servirait d’exutoire pour la déchéance du présent.

Publié par enbalade dans Non classé | Commentaires fermés

05-07-2016

Esprit de simplicité

Avant de pouvoir exposer en quoi consisterait, dans la pratique, le retour à la simplicité auquel nous aspirons, il est nécessaire de définir la simplicité dans son principe même. Car l’on commet à son endroit la même erreur que nous venons de dénoncer et qui consiste à confondre l’accessoire avec l’essentiel, le fond avec la forme. On est tenté de croire que la simplicité présente certains caractères extérieurs auxquels elle se reconnaît, et dans lesquels elle consiste. Simplicité et condition simple, vêtements modestes, demeure sans faste, médiocrité, pauvreté, ces choses semblent marcher ensemble. Tel n’est pas le cas cependant. Des trois hommes que je viens de rencontrer sur ma route, l’un allait en équipage, l’autre à pied, le troisième nu-pieds. Ce dernier n’est pas nécessairement le plus simple des trois. Il se peut en effet que celui qui passe en voiture soit simple malgré sa grande situation et ne soit pas l’esclave de sa richesse; il se peut de même que l’homme en souliers n’envie pas celui qui passe en équipage, et ne méprise pas celui qui va sans chaussures, et enfin il est possible que, sous ses haillons et les pieds dans la poussière, le troisième ait la haine de la simplicité, du travail, de la sobriété et ne rêve que vie facile, jouissances, désœuvrement. Parmi les moins simples des hommes il faut compter les mendiants de profession, les chevaliers d’industrie, les parasites, tout le troupeau des obséquieux ou des envieux dont les aspirations se résument en ceci: arriver à saisir un lambeau, le plus gros possible, de cette proie que consomment les heureux de la terre. Et dans cette même catégorie, rangeons, peu importe à quel milieu ils appartiennent, les ambitieux, les roués, les efféminés, les avares, les orgueilleux, les raffinés. La livrée n’y fait rien, il faut voir le cœur. Aucune classe n’a le privilège de la simplicité, aucun costume, quelque humble qu’il paraisse, n’en est le signe assuré. Sa demeure n’est, nécessairement, ni la mansarde, ni la chaumière, ni la cellule de l’ascète, ni la barque du plus pauvre des pêcheurs. Sous toutes les formes que revêt la vie, dans toutes les positions sociales, en bas comme au sommet de l’échelle, il y a des êtres qui sont simples et d’autres qui ne le sont pas. Nous ne voulons pas dire par là que la simplicité ne se traduise par aucun indice extérieur, qu’elle n’ait pas ses allures particulières, ses goûts propres, ses mœurs; mais il ne faut pas confondre ces formes qu’on peut à la rigueur lui emprunter, avec son essence même et sa source profonde. Cette source est tout intérieure. La simplicité est un état d’esprit. Elle réside dans l’intention centrale qui nous anime. Un homme est simple lorsque sa plus haute préoccupation consiste à vouloir être ce qu’il doit être, c est-à-dire un homme tout bonnement. Cela n’est ni aussi facile ni aussi impossible qu’on pourrait se l’imaginer. Au fond cela consiste à mettre ses aspirations et ses actes d’accord avec la loi même de notre être et par conséquent avec l’intention éternelle qui a voulu que nous soyons. Qu’une fleur soit une fleur, une hirondelle une hirondelle, un rocher un rocher et qu’un homme soit un homme et non un renard, un lièvre, un oiseau de proie ou un pourceau, tout est là. Pour en lire plus, allez sur le site de l’organisateur de ce séminaire sur le bonheur – c’est une équipe spécialisée dans l’organisation de séminaire.

564312

Publié par enbalade dans Non classé | Commentaires fermés

1234

Lenouveauprof |
Foncierimmoconsult |
Dourdan Environnement |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Informationner
| Expandyourmind
| Sous l'écume du jour