Archives pour mai 2015

27-05-2015

Titicaca

Un voyage au Pérou m’a amené, la semaine dernière, à découvrir le lac Titicaca. Un lac intéressant à plus d’un titre. Tout d’abord, il s’avère qu’il est dangereux pour l’audition : si vous avez des enfants, veillez à ne jamais prononcer le nom de ce lac quand ils sont à portée d’oreille (ce serait comme donner de la nourriture après minuit à un mogwai) ; j’ai eu le malheur de prononcer ce nom devant mon fils, et ce dernier a hurlé de rire pendant des heures. Cela dit, le lac est aussi magnifique à contempler. Je l’ai découvert de deux manières : lors d’un vol en hélicoptère d’une part, pour apprécier le panorama d’ensemble et ses nombreuses îles (41 au total) ; puis en barque pour voir de plus près ce lieu mythique pour les incas. Le lac s’étend à cheval sur la frontière entre le Pérou et la Bolivie (avec en arrière-plan la cordillère Royale aux montagnes coiffées de neige : je vous laisse imaginer le spectacle). Il s’agit rien de moins que du plus grand lac d’Amérique du Sud. Et, depuis 1862, depusi qu’un bateau à vapeur y fut assemblé pièce par pièce et mis à l’eau, c’est aussi la plus haute voie navigable du monde : 8 300 km2 à une altitude de 3 810 m au-dessus du niveau de la mer. Si des bateaux modernes sillonnent le lac, les descendants du peuple Uros y utilisent encore des bateaux tressés avec des roseaux totora. Les habitants se sont adaptés à la vie dans cette région d’altitude : leur cœur et leurs poumons sont plus développés que la normale et ils ont plus de globules rouges dans le sang. En ce qui concerne le lac, il possède non seulement ses propres hommes, mais aussi ses propres espèces d’animaux comme le grèbe du Titicaca et une espèce très particulière de grenouille qui passe sa vie entière dans les eaux peu profondes et riches en sédiments. Cette grenouille est un très bel exemple d’adaptation à l’air raréfié de cet endroit : elle absorbe l’oxygène à travers sa peau froissée, qui ressemble à un costume trop grand et dont les plis augmentent la surface de contact. Du côté bolivien, on prétend que c’est sur l’Isla del Sol, « l’île du Soleil », que les dieux sont descendus pour fonder la dynastie inca et apporter la sagesse aux habitants de la région. Si vous visitez un jour ce lac, faites-le d’abord avec un vol en hélicoptère (suivez le lien pour le contact du prestataire) : vous pourrez ainsi voir de plus près cette fameuse île.

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27-05-2015

Macroprudentiel – le nouveau gros mot

JP Morgan a récemment annoncé sa décision de soumettre à un taux d’intérêt négatif certains dépôts de ses gros clients investisseurs institutionnels. Au départ, l’annonce a paru déconcertante, et a donné lieu à diverses interprétations. C’était pour les uns un pas de plus vers la déflation et les taux d’intérêt négatifs qui l’accompagnent, et pour les autres la volonté de la mégabanque de réveiller ces liquidités dormantes et de les attirer vers des produits plus lucratifs pour ses clients… et pour elle. Mais on peut aussi y voir tout autre chose, de plus positif, directement lié à la mise en place des premières mesures macroprudentielles qui touchent les mégabanques. Alors pour une fois, ne boudons pas notre plaisir?! Le macroprudentiel a longtemps semblé être l’Arlésienne des réformes bancaires?: on en parlait beaucoup, surtout dans les sphères académiques et dans les grandes institutions – à la Banque des règlements internationaux notamment – mais on la pratiquait peu. Un peu partout, on reconnaissait la nécessité de mieux prévenir le risque systémique au moyen d’instruments permettant de contrer le cycle financier (évolution du crédit, des prix d’actifs, etc.) et de mesures touchant les établissements faisant courir, de par leur taille ou leurs interconnexions avec d’autres, le risque d’un effondrement global du système. Nécessaire, le macroprudentiel a su d’abord se frayer un chemin dans les interstices du dispositif microprudentiel convenu à Bâle en 2010 (Bâle III), avec un petit coussin contracyclique et des surcharges de fonds propres pour les banques systémiques (baptisés “G-SIB” pour Global systemically important banks, par le Comité de Bâle et le FSB – Financial Stability Board). Est venu ensuite, en novembre?2014, le TLAC (Total Loss Absorbing Capacity) proposé par le FSB pour rendre possible un renflouement par les créanciers (bail in) dans le cas des banques systémiques. Dans le même temps, le Comité de Bâle précisait le mode de calcul des surcharges en fonds propres auxquelles seraient soumises ces grandes banques systémiques. Et c’est à cela précisément que réagit JP Morgan. Par sa taille et par ses interconnexions avec d’autres établissements financiers, JP Morgan est un grand établissement systémique, en bonne place sur la liste des 29 “G-SIB” répertoriés par le FSB, et soumis donc à une surcharge en fonds propres. Plus le score systémique des établissements est important, et plus la surcharge en fonds propres l’est aussi. Or les gros dépôts institutionnels (provenant des hedge funds, banques étrangères, fonds de private equity), parce qu’ils sont jugés volatils par le régulateur, qu’ils accroissent la taille du bilan ainsi que les interconnexions avec d’autres établissements financiers, élèvent ce score. “En réduisant la taille d’une mégabanque, en limitant les interconnexions avec des entités du shadow banking, la taxation des gros dépôts institutionnels est plutôt de nature à limiter le risque systémique. Une voie à suivre donc pour les autres mégabanques?!” La mégabanque voudrait réduire de 100?milliards de dollars ces gros dépôts d’investisseurs institutionnels (cela ne concerne pas les petits dépôts). Il lui fallait trouver un moyen de les attirer moins, le but étant de réduire son score de “systémicité” pour diminuer la surcharge en fonds propres qui va avec. Pas d’effets pervers ici?! Au contraire, la réaction provoquée par la crainte d’une surcharge va dans le sens de la stabilité financière. En réduisant la taille d’une mégabanque, en limitant les interconnexions avec des entités du shadow banking – même si tous les investisseurs institutionnels ne sont pas des banquiers de l’ombre –, la taxation des gros dépôts institutionnels est plutôt de nature à limiter le risque systémique. Une voie à suivre donc pour les autres mégabanques?!

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27-05-2015

Nous sommes dans l’ère du tripartisme

Le choc du tripartisme ébranle l’assise politique de la Ve?République parce que l’alternance gauche-droite ne va plus de soi. Du coup, le face-à-face rituel entre libéralisme à la Schumpeter et social-démocratie keynésienne ne va plus de soi non plus, et c’est toute l’assise économique du pays qui à son tour est ébranlée. Bien sûr, ce rêve du Front national est encore dans les brumes, mais on l’aperçoit au coin de la rue. Le Premier ministre ne dit pas autre chose en affirmant que le scrutin des départementales marque un bouleversement durable du paysage politique. Ce que Marine Le Pen s’empresse de traduire au plan économique par une dichotomie fondatrice entre patriotisme et mondialisme. Ce langage simple est un poison mortel pour l’alternance classique. Mais c’est d’abord un défi sans précédent pour les deux grandes doctrines économiques qui, chacune avec son électorat, symbolisent cette alternance. En somme, Marine Le Pen voudrait les fusionner de force pour leur opposer ses propres solutions alternatives. C’est la théorie du remplacement. Cet activisme FN a été entravé aux départementales par le mode de scrutin majoritaire, mais ses listes ont obtenu au second tour 4?108?404 voix, soit 1?169?901 voix de plus que le seul PS et 981?412 voix de moins que l’alliance UMP-UDI. “Le face-à-face rituel entre libéralisme à la Schumpeter et social-démocratie keynésienne ne va plus de soi non plus” La tripartition est ancrée dans le pays, même si l’abstention d’un électeur sur deux relativise le résultat. “J’ai entendu le message” s’est empressé de déclarer le Premier ministre à l’issue du vote du 29?mars. Manuel Valls répondait sur le registre économique. Il mise sur un soutien à l’investissement, dans le numérique notamment, en créant une nouvelle niche fiscale. Un assouplissement du dispositif maintien de l’emploi contre baisse de salaire serait également envisagé. Dans le même temps, François Hollande agissait sur le registre politique en fredonnant l’air de l’union de la gauche. Il y a une incompatibilité objective, au sommet de l’État, entre les deux démarches. Pour la gauche “gauche”, Manuel Valls reste l’homme (politique) à abattre à cause de questions de fond. En réalité, la fin au moins provisoire du bipartisme va pousser chaque acteur, façon ‘Le bon, la brute et le truand’, à radicaliser ses positions. La base PS va pencher à gauche toute. L’UMP va accentuer sa droitisation. Le FN va caricaturer tout compromis négocié avec les partenaires extérieurs de la France en “soumission”. Le plus grave dans cette configuration est l’absence de garde-fous qui fassent consensus. Où est le nouveau Keynes qui servirait de “guide d’intérêt général”?? Dans ce pays, la correspondance entre programmes électoraux et réalisme économique a toujours été assez lointaine. Conséquence, le camp vainqueur commence en général par satisfaire quelques promesses démagogiques, puis il tourne casaque pour respecter les lois économiques élémentaires. François Hollande a suivi à la perfection ce schéma. Le chef de l’État a commencé par faire “une politique de gauche” en taxant les hautes rémunérations – que l’on pense à l’affaire des 75?% –, et surtout en alignant la taxation des revenus du capital sur celle du travail. “Il y a une incompatibilité objective, au sommet de l’État, entre les deux démarches”. Une disposition qui, de l’avis unanime, a dissuadé nombre d’investisseurs… d’investir. L’Élysée a ensuite supervisé la guerre de tranchées entre les jeunes entrepreneurs de croissance et l’administration fiscale, avant de recommander une régulation plus efficace. Puis le Pacte de responsabilité a franchement détendu l’atmosphère en allégeant la trajectoire des charges pesant sur les sociétés. Le paradoxe est que ce retournement “pro-business” du gouvernement est sans cesse torpillé par les marqueurs de gauche placés par la majorité PS de l’Assemblée nationale. Ce qui suffit à ruiner le retour à un climat de confiance avec l’entreprise, et à perdre le bénéfice du recentrage – y compris au plan électoral. La loi Hamon sur l’obligation d’informer le personnel en amont de toute vente d’une TPE est un cas d’école de crispation inutile, les amendements ultérieurs étant eux-mêmes biaisés.

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