Archives pour juillet 2016

26-07-2016

Frais de tenue de compte

L’Association française des usagers des banques (AFUB) va saisir cette semaine l’autorité de la concurrence et l’ACPR, le gendarme du secteur bancaire, pour contester certaines pratiques dans la mise en place par une majorité de banques de frais de tenue des comptes, a annoncé l’AFUB. En effet, le 1er janvier 2016, plus de huit établissements sur dix vont appliquer des frais de tenue de compte. Ils n’étaient que 40 % à le faire il y a trois ans. Et les deux dernières grandes banques « gratuites », BNP Paribas et Société générale, ont finalement décidé de rejoindre le parti des banques où les comptes courants sont payants. « Deux actions seront déposées à titre officiel mercredi », l’une auprès de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), l’autre auprès de l’Autorité de la Concurrence, a précisé Serge Maître, secrétaire général de l’AFUB. Première banque dans le collimateur de l’association: le Crédit Mutuel. Selon Serge Maître, l’établissement a informé « courant novembre » sa clientèle de l’application de frais de tenue de compte, d’un montant de deux euros par mois, alors qu’ils étaient déjà effectifs au 1er octobre. « Il y a une violation de la loi » qui justifie la saisine de l’ACPR, argue le secrétaire général de l’AFUB, une banque devant informer par écrit ses clients au moins deux mois avant toute modification de tarifs. L’association des usagers des banques compte également saisir l’Autorité de la concurrence sur une éventuelle « suspicion de concertation » entre BNP Paribas, Société générale et Crédit mutuel quant à la mise en oeuvre des frais de tenue de compte bancaire, a ajouté M.Maître. Il est « étonnant » que « trois gros établissements de la place décident dans une même unité, quasiment, de temps », au 1er janvier 2016 pour BNP Paribas et Société Générale, et « de prix », soit environ deux euros par mois, de l’entrée en vigueur de ces frais, dit-il. Dès novembre, BNP Paribas avait averti ses 6,9 millions de clients de la mise en place de frais de tenue de compte de 2,50 euros par mois à partir du 1er janvier. Pour sa part, Société Générale avait averti ses clients fin 2014 de l’entrée en vigueur en 2016 d’une facturation de deux euros par mois pour la tenue de compte. « Nous saisissons l’Autorité de la concurrence pour qu’elle veille à vérifier que cette situation est tout à fait conforme aux règles qui régissent des rapports transparents », a expliqué le secrétaire général de l’AFUB. Début 2015, sur 140 établissements, 104 facturaient des frais de tenue des comptes, contre 95 l’année précédente, selon l’enquête annuelle de l’association de consommateurs CLCV.

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26-07-2016

Gutenberg l’hérétique ?

L’imprimerie à caractères mobiles naît en Allemagne à la moitié du XVe siècle: le premier ouvrage est imprimé en 1452 par Johann Gutenberg. Il s’agit d’une bible, et la tradition rapporte que les premiers mots imprimés ont été «Fiat lux», que la lumière soit. Cette phrase, tirée du début de la Genèse, annonce des temps nouveaux, la diffusion du savoir dans toute la chrétienté. Gutenberg est très vite appuyé par de nombreux princes de l’Église et, même si la nouvelle invention suscite la méfiance et la prudence de certains papes, elle se diffuse très rapidement en Europe. En serait-il allé de même si le premier livre imprimé n’avait pas été la Bible mais un livre hérétique? Des appels à la Réforme étaient monnaie courante en Europe à la fin du Moyen Âge. L’Europe du Nord en particulier est un terrain particulièrement fertile pour le développement de piétés qui s’éloignent des dogmes catholiques. Plutôt que de s’inscrire dans l’Église romaine, l’inventeur de l’imprimerie aurait tout aussi bien pu faire partie d’un des nombreux courants chrétiens, considérés comme hérétiques. Et alors, il aurait commencé par imprimer des textes écrits par ces religieux, des appels à une piété plus personnelle et plus proche des textes. Si Gutenberg avait imprimé, disons, Le Miroir des simples âmes, de Marguerite Porete, livre condamné et dont l’auteur a fini brûlée au XIVe siècle, les réactions auraient été bien différentes! Les hommes d’Église se seraient précipités pour dénoncer cette invention du diable qui permettait de propager des idées néfastes pour pervertir les âmes des bons chrétiens. Gutenberg lui-même aurait été excommunié. Quelques voix, bien sûr, se seraient élevées en disant que l’imprimerie pouvait aussi servir à diffuser les écrits conformes au dogme et le savoir. Certains humanistes en particulier auraient compris l’opportunité qui leur était offerte. Mais l’invention aurait perdu des soutiens politiques, et par la suite des soutiens financiers, ce qui l’aurait empêchée de se développer. La force de l’imprimerie, dès ses débuts, a été sa capacité d’allier des techniciens et des investisseurs. En perdant le soutien de l’Église, les personnes capables d’investir ne se seraient pas lancées dans l’aventure. Continuant à imprimer des textes de même nature, Gutenberg aurait accentué la frilosité de ses investisseurs et la réaction de l’Église. Celle-ci a été prudente envers la nouvelle invention. Dans les premières décennies, avant même la Réforme protestante, le pape appelle régulièrement les autorités à contrôler ce qui se publie, à interdire les textes hérétiques et demande une censure systématique, qui ne se met en place que très lentement. Si Gutenberg avait commencé par imprimer des textes hérétiques, l’Église n’aurait alors pas hésité à interdire, purement et simplement, l’imprimerie à caractères mobiles. L’imprimerie interdite, quelques ateliers auraient sans doute continué leur activité clandestinement. Mais l’élan aurait été brisé. Plus de grands projets éditoriaux, plus de grandes compagnies vénitiennes, parisiennes ou bâloises. Les textes imprimés auraient été marqués du sceau de l’hérésie et le savoir se serait transmis de la main à la main, comme auparavant. Peu de conséquences à court terme, mais… À court terme, cela n’aurait sans doute pas changé fondamentalement les choses. La Réforme protestante se serait diffusée malgré tout: on sait en effet que les libelles manuscrits ont joué un rôle crucial pour le succès de la prédication luthérienne. La diffusion aurait sans doute été un peu plus lente, moins fulgurante, mais des textes imprimés clandestinement auraient permis de prêcher à large distance. L’humanisme italien se serait également diffusé ailleurs en Europe, grâce à la circulation des hommes et des manuscrits, voyageant de cour en cour, de ville en ville. Les conséquences sur le long terme, par contre… sont innombrables et difficiles à évaluer précisément. Faute de développement, l’imprimerie en reste à ses balbutiements. Dans les États protestants, elle connaît un certain essor mais, faute de marché suffisamment vaste, elle reste un projet coûteux et peu fiable. On pourrait imaginer la coupure entre une Europe protestante et une Europe catholique. Dans la seconde, l’industrie du livre serait inexistante; le savoir serait monopolisé par une fraction infime de la population, cléricale et plus largement universitaire. De ce fait, l’alphabétisation de masse est rendue très difficile et surtout la diffusion des nouvelles en resterait à un état embryonnaire: pas de journaux dans un monde sans imprimerie! Sans journaux, les changements politiques de la fin de l’époque moderne sont inenvisageables: le rôle de la presse a été extrêmement important dans le déclenchement de la Révolution française, puis dans l’établissement progressif de la démocratie en Europe. La fracture entre protestants et catholiques s’accentuerait, alors que les premiers, alphabétisés et au courant des nouvelles de leur pays et du monde, commenceraient à établir ce que Habermas appelle «l’espace public»: des discussions éclairées sur la politique, la société et le savoir, par des individus sur un pied d’égalité. Si les livres sont accessibles à tous, alors tout le monde peut débattre de ce qu’il connaît, prince ou bourgeois, savant ou politique. Des espaces publics existent au Moyen Âge mais force est de constater que l’imprimerie a largement favorisé la circulation et la diffusion des idées et des connaissances. Les salons qui se créeraient dans les villes germaniques ou à Londres porteraient en germe les premières démocraties européennes. Dans les pays catholiques au contraire, l’imprimerie resterait un gadget, une hérésie; et les États continueraient à évoluer dans le cadre de régimes autoritaires. Au lieu de parler de «despotisme oriental», parlerait-on de «despotisme catholique»? À terme sans doute, l’écart entre les régions catholiques et les régions protestantes s’estomperait. Mais les pays catholiques auraient alors accumulé un tel retard culturel, politique et économique que les hiérarchies des nations en Europe en auraient été profondément bouleversées. L’Angleterre et l’Allemagne prospéreraient, fers de lance des révolutions industrielles et démocratiques, alors que la France, l’Espagne et l’Italie s’enfonceraient dans un marasme où le souvenir de leur gloire médiévale servirait d’exutoire pour la déchéance du présent.

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05-07-2016

Esprit de simplicité

Avant de pouvoir exposer en quoi consisterait, dans la pratique, le retour à la simplicité auquel nous aspirons, il est nécessaire de définir la simplicité dans son principe même. Car l’on commet à son endroit la même erreur que nous venons de dénoncer et qui consiste à confondre l’accessoire avec l’essentiel, le fond avec la forme. On est tenté de croire que la simplicité présente certains caractères extérieurs auxquels elle se reconnaît, et dans lesquels elle consiste. Simplicité et condition simple, vêtements modestes, demeure sans faste, médiocrité, pauvreté, ces choses semblent marcher ensemble. Tel n’est pas le cas cependant. Des trois hommes que je viens de rencontrer sur ma route, l’un allait en équipage, l’autre à pied, le troisième nu-pieds. Ce dernier n’est pas nécessairement le plus simple des trois. Il se peut en effet que celui qui passe en voiture soit simple malgré sa grande situation et ne soit pas l’esclave de sa richesse; il se peut de même que l’homme en souliers n’envie pas celui qui passe en équipage, et ne méprise pas celui qui va sans chaussures, et enfin il est possible que, sous ses haillons et les pieds dans la poussière, le troisième ait la haine de la simplicité, du travail, de la sobriété et ne rêve que vie facile, jouissances, désœuvrement. Parmi les moins simples des hommes il faut compter les mendiants de profession, les chevaliers d’industrie, les parasites, tout le troupeau des obséquieux ou des envieux dont les aspirations se résument en ceci: arriver à saisir un lambeau, le plus gros possible, de cette proie que consomment les heureux de la terre. Et dans cette même catégorie, rangeons, peu importe à quel milieu ils appartiennent, les ambitieux, les roués, les efféminés, les avares, les orgueilleux, les raffinés. La livrée n’y fait rien, il faut voir le cœur. Aucune classe n’a le privilège de la simplicité, aucun costume, quelque humble qu’il paraisse, n’en est le signe assuré. Sa demeure n’est, nécessairement, ni la mansarde, ni la chaumière, ni la cellule de l’ascète, ni la barque du plus pauvre des pêcheurs. Sous toutes les formes que revêt la vie, dans toutes les positions sociales, en bas comme au sommet de l’échelle, il y a des êtres qui sont simples et d’autres qui ne le sont pas. Nous ne voulons pas dire par là que la simplicité ne se traduise par aucun indice extérieur, qu’elle n’ait pas ses allures particulières, ses goûts propres, ses mœurs; mais il ne faut pas confondre ces formes qu’on peut à la rigueur lui emprunter, avec son essence même et sa source profonde. Cette source est tout intérieure. La simplicité est un état d’esprit. Elle réside dans l’intention centrale qui nous anime. Un homme est simple lorsque sa plus haute préoccupation consiste à vouloir être ce qu’il doit être, c est-à-dire un homme tout bonnement. Cela n’est ni aussi facile ni aussi impossible qu’on pourrait se l’imaginer. Au fond cela consiste à mettre ses aspirations et ses actes d’accord avec la loi même de notre être et par conséquent avec l’intention éternelle qui a voulu que nous soyons. Qu’une fleur soit une fleur, une hirondelle une hirondelle, un rocher un rocher et qu’un homme soit un homme et non un renard, un lièvre, un oiseau de proie ou un pourceau, tout est là. Pour en lire plus, allez sur le site de l’organisateur de ce séminaire sur le bonheur – c’est une équipe spécialisée dans l’organisation de séminaire.

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