05-07-2016

Esprit de simplicité

Avant de pouvoir exposer en quoi consisterait, dans la pratique, le retour à la simplicité auquel nous aspirons, il est nécessaire de définir la simplicité dans son principe même. Car l’on commet à son endroit la même erreur que nous venons de dénoncer et qui consiste à confondre l’accessoire avec l’essentiel, le fond avec la forme. On est tenté de croire que la simplicité présente certains caractères extérieurs auxquels elle se reconnaît, et dans lesquels elle consiste. Simplicité et condition simple, vêtements modestes, demeure sans faste, médiocrité, pauvreté, ces choses semblent marcher ensemble. Tel n’est pas le cas cependant. Des trois hommes que je viens de rencontrer sur ma route, l’un allait en équipage, l’autre à pied, le troisième nu-pieds. Ce dernier n’est pas nécessairement le plus simple des trois. Il se peut en effet que celui qui passe en voiture soit simple malgré sa grande situation et ne soit pas l’esclave de sa richesse; il se peut de même que l’homme en souliers n’envie pas celui qui passe en équipage, et ne méprise pas celui qui va sans chaussures, et enfin il est possible que, sous ses haillons et les pieds dans la poussière, le troisième ait la haine de la simplicité, du travail, de la sobriété et ne rêve que vie facile, jouissances, désœuvrement. Parmi les moins simples des hommes il faut compter les mendiants de profession, les chevaliers d’industrie, les parasites, tout le troupeau des obséquieux ou des envieux dont les aspirations se résument en ceci: arriver à saisir un lambeau, le plus gros possible, de cette proie que consomment les heureux de la terre. Et dans cette même catégorie, rangeons, peu importe à quel milieu ils appartiennent, les ambitieux, les roués, les efféminés, les avares, les orgueilleux, les raffinés. La livrée n’y fait rien, il faut voir le cœur. Aucune classe n’a le privilège de la simplicité, aucun costume, quelque humble qu’il paraisse, n’en est le signe assuré. Sa demeure n’est, nécessairement, ni la mansarde, ni la chaumière, ni la cellule de l’ascète, ni la barque du plus pauvre des pêcheurs. Sous toutes les formes que revêt la vie, dans toutes les positions sociales, en bas comme au sommet de l’échelle, il y a des êtres qui sont simples et d’autres qui ne le sont pas. Nous ne voulons pas dire par là que la simplicité ne se traduise par aucun indice extérieur, qu’elle n’ait pas ses allures particulières, ses goûts propres, ses mœurs; mais il ne faut pas confondre ces formes qu’on peut à la rigueur lui emprunter, avec son essence même et sa source profonde. Cette source est tout intérieure. La simplicité est un état d’esprit. Elle réside dans l’intention centrale qui nous anime. Un homme est simple lorsque sa plus haute préoccupation consiste à vouloir être ce qu’il doit être, c est-à-dire un homme tout bonnement. Cela n’est ni aussi facile ni aussi impossible qu’on pourrait se l’imaginer. Au fond cela consiste à mettre ses aspirations et ses actes d’accord avec la loi même de notre être et par conséquent avec l’intention éternelle qui a voulu que nous soyons. Qu’une fleur soit une fleur, une hirondelle une hirondelle, un rocher un rocher et qu’un homme soit un homme et non un renard, un lièvre, un oiseau de proie ou un pourceau, tout est là. Pour en lire plus, allez sur le site de l’organisateur de ce séminaire sur le bonheur – c’est une équipe spécialisée dans l’organisation de séminaire.

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Publié par enbalade dans Non classé | RSS 2.0

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