19-12-2017

Combats

En juin 2016, la mission de maintien de la paix de l’ONU en République centrafricaine a décidé de ne plus accepter de policiers burundais en raison d’inquiétudes sur les violations des droits humains « graves et persistantes » commises par la police au Burundi. En effet, le gouvernement burundais, tout comme de nombreux pays en voie de développement, profite des salaires versés à ses troupes participant aux missions de l’ONU. En novembre 2016, le Secrétariat d’État américain a suspendu la vente planifiée de 26 000 fusils d’assaut aux Philippines, dirigées par Duterte, suite à une objection soulevée par le sénateur américain Ben Cardin sur la violente « guerre contre la drogue » de Duterte. Depuis 2012, les groupes de défense des droits humains dénoncent le rôle du marchand d’armes Rosoboronexport, appartenant à l’État russe, qui vend des armes au gouvernement syrien. Ils appellent les gouvernements et entreprises responsables à éviter de conclure tout nouveau contrat commercial avec cette société. Les militants ont également demandé aux salons de l’armement de Paris et de Londres de cesser d’accepter Rosoboronexport comme exposant. Enfin, les groupes de défense des droits humains ont mis directement en cause le groupe britannique BAE Systems ainsi que les groupes américains Boeing et General Dynamics, en tant que fournisseurs d’armes à l’Arabie saoudite, armes qui permettent des abus à être commis au Yémen. BAE tient actuellement des discussions sur un contrat potentiel de cinq ans pour fournir à l’Arabie saoudite des avions de combat Eurofighter Typhoon. La récente vente d’armes à l’Arabie saoudite approuvée par le Congrès américain comprenait des tanks Abrams produits par General Dynamics, destinés à remplacer des tanks endommagés pendant les combats au Yémen. En août 2016, Textron, qui était la dernière société fabriquant des armes à sous-munitions aux États-Unis, a décidé de mettre fin à ce type d’activités. Cette victoire n’a pas été seulement obtenue par la honte causée par l’interdiction internationale de ce type d’armes. Les inquiétudes grandissantes au sujet des civils du Yémen tués par ces armes utilisées par la coalition saoudienne ont joué un grand rôle. Les raisons fournies par l’entreprise elle-même pour expliquer sa décision d’arrêter de produire des sous-munitions, qui a suivi de peu la suspension par le gouvernement américain, en mai, de la vente de ces armes à l’Arabie saoudite, disaient clairement qu’il était devenu « difficile d’obtenir les autorisations » nécessaires pour vendre aux clients étrangers. Il existe des stratégies moins conventionnelles pour bloquer l’afflux des armes vers des zones où elles pourraient être utilisées pour commettre davantage d’abus. En 2012, le Royaume-Uni a invoqué des sanctions de l’UE visant à bloquer une livraison d’hélicoptères de combat réparés au gouvernement syrien, faisant appel à l’assureur britannique du navire, Standard Club, pour qu’il lui retire sa couverture d’assurance. C’est sûr, une compagnie d’assurance n’est pas le premier acteur qui vient à l’esprit quand on pense au commerce d’armes. Mais cela montre qu’en cherchant au-delà des suspects habituels, le Royaume-Uni a été capable de faire revenir le navire avant qu’il ne puisse livrer sa cargaison. Pousser la compagnie d’assurances à cesser de couvrir le bateau à cause de la destination problématique de sa cargaison impliquait de la traiter comme complice. Plus récemment, en octobre 2016, le secrétaire général de l’OTAN a averti l’Espagne qu’elle ne devrait pas laisser les navires de guerre russes en route pour la Syrie se ravitailler en carburant dans ses ports. En avertissant que les navires pourraient « être utilisés comme plateforme pour intensifier les attaques contre Alep et le reste de la Syrie, donc pour aggraver la catastrophe humanitaire », l’OTAN a mis en jeu la réputation du gouvernement espagnol. Sans retirer formellement à la flotte russe sa permission de faire escale, les Espagnols ont choisi de demander à la Russie des clarifications sur la nature de leur mission à la lumière des violations actuellement commises en Syrie. Peu après, Malte a également annoncé qu’elle refusait de laisser les navires russes faire escale et se ravitailler en carburant dans ses ports.

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